Après Baños, je remonte vers le nord en direction de Latacunga, le point de départ idéal pour quelques randonnées intéressante, comme le Quilotoa ou le l’ascension du Cotopaxi. Le premier est un magnifique lac situé dans un cratère à un peu moins de 4000m d’altitude. En faire le tour est une bonne préparation pour le Cotopaxi qui culmine, lui, à 5897m. En voici quelques photos - et oui, je ne sais pas d’où il vient, mais par endroits il y a du sable sur le parcours:
L’ascension du Cotopaxi se fait en deux jours. durant le premier, on monte jusqu’au refuge à 4800m. Ensuite, on se lève vers minuit pour tenter d’atteindre le sommet avant 8h du matin, après quoi les conditions deviennent trop dangereuses. Le sommet étant à 5897m, ça fait pas mal de dénivelée en deux jours. Je me demande si le tour du Quilotoa était une préparation suffisante - le problème, c’est que je vois mal ce que je pourrais faire de plus. Quand je pense à ce que ça donnerait en Europe, ça me fait toujours bien rire: “Bon les gars, aujourd’hui on dort au sommet du Mont Blanc, puis on se réveille à minuit pour monter 1000m de plus, ça vous va?”
D’après le guide, en moyenne 40% de ceux qui tentent d’atteindre le sommet doivent renoncer. Comme il y a en général deux personnes par guide (plus c’est interdit, moins ça revient nettement plus cher) et qu’il est interdit de monter sans guide, si une des deux personnes abandonne, l’autre doit également rebrousser chemin. Personnellement, je me retrouve avec Joris, un compatriote (par le plus pur des hasards). Quand il m’explique qu’il fume environ 30 cigarettes par jour et qu’il coupe le filtre des cigarettes équatoriennes parce qu’elles ne sont pas assez fortes à son goût, je me dis qu’on est très mal partis.
La veille du départ au refuge, je m’entretiens avec deux filles très enthousiastes qui se voient déjà danser la macarena au sommet du Cotopaxi. Elles prévoient de donner tout ce qu’elle ont, quitte à arriver complètement crevées au sommet. Je leur explique ça ne me semble pas être la meilleure des idées, vu qu’il faut garder de l’énergie pour le retour. Après leur avoir raconter quelques unes de mes mésaventures en guise d’exemple, c’est la mort dans l’âme qu’elles vont se coucher. Je ne l’apprendrai que plus tard, mais elles n’atteindront effectivement pas le sommet. Joris, quant à lui, est blanc comme un linge. J’ai vraiment l’art d’encourager les troupes moi.
C’est donc vers 18h qu’on va se coucher pour tenter de dormir quelques heures. D’une part, ce n’est pas vraiment l’heure à laquelle j’ai l’habitude d’aller dormir et d’autre part l’altitude m’empêche de fermer l’oeil. De plus, le vent souffle assez fort pour faire trembler les murs du refuge. Bref, je passe une nuit blanche. D’après le guide, c’est normal: ceux qui arrivent à dormir ne fusse qu’une heure ont de la chance.
Nous quittons donc le refuge (avec un peu de retard) vers 1h15 du matin. On a de la chance, le ciel est bien dégagé. On commence par monter pendant une heure environ jusqu’à la limite des neiges éternelles. A cet endroit, l’ascension devient plus dangereuse: on enfile les crampons et on s’encorde avant de continuer. Le décor et l’ambiance sont assez uniques: on avance de nuit, sur de la glace, devinant à peine les crevasses à la lumière de nos lampes frontales (crevasses que le guide prend bien soin d’éviter). A certains endroits, le vent souffle extrêmement fort - à d’autres, c’est le calme absolu. Au loin dans la vallée, on peut voir les lumières de Quito et Latacunga.
Comme je le craignais, Joris a de plus en plus de mal au fur et à mesure qu’on avance. Pourtant, ça ne nous empêche pas de dépasser tout le monde et finalement arriver les premiers au sommet peu après le lever du soleil (Joris à moitié mort - bel effort). La vue du sommet est superbe.