Je suis resté près d’une semaine à Rurrenabaque. D’une part, il y a la forêt vierge du parc national Madidi à découvrir, et d’autre part le río Yacuma et sa faune impressionnante. Au total, deux excursion de trois jours chacune, en commençant par le río Yacuma. Les quelques heures de trajet en 4×4 sur une route de terre en mauvais état en valent largement la peine. L’exploration du río se fait essentiellement dans une petite embarcation, avec des animaux à observer tous les 100m. La nuit, la multitude d’insectes à proximité fait énormément de bruit. On peut également entendre des singes se déplacer dans les arbres juste au-dessus du camp et des alligators à quelques mètres de nous.





Un dauphin rose, très difficile à prendre en photo car il ne fait surface que de temps en temps pour refaire le plein d’oxygène. J’ai eu l’occasion de nager avec quelques spécimens. Avec un peu de persévérance, j’ai même réussi à en toucher un. Le dauphin, intrigué, est ensuite venu me mordiller la jambe.

Un alligator. On en trouve un peu partout; j’en ai également touché un (pour ceux qui en douteraient, je ne nageais pas à côté de lui à ce moment-là). Dans l’obscurité, leurs yeux brillent comme ceux d’un chat lorsqu’on braque un faisceau lumineux dans leur direction. Nous avons fait deux sorties pour tenter d’en trouver de cette façon. C’est assez impressionnant de naviguer ainsi en pleine nuit, sans faire de bruit, en balayant la surface de l’eau au moyen de nos lampes de poche. D’énormes chauve-souris volent silencieusement autour de notre embarcation et le chant caractéristique des cigales est omniprésent. Dans le ciel, on a parfois du mal à faire la différence entre les étoiles qui apparaissent de temps en temps entre les branches d’arbres et les lucioles qui s’illuminent par intermittence.

Un caïman, plus rare et en moyenne plus grand que l’alligator (celui-ci est assez jeune). Contrairement à l’alligator, il n’hésite pas à s’attaquer à l’homme.


Le coucher et lever de soleil sur la pampa:


Finalement, une petite vidéo pour compléter cette série de photo:

Ensuite vient la jungle du parc national Madidi. Pour résumer: il y fait très chaud et très humide. Il faut s’imaginer la chaleur suffocante qui précède un orage d’été, mais en permanence. De plus, ça grouille de bestioles en tout genre, mention particulière pour les moustiques: malgré le pantalon, les manches longues et les litres d’anti-moustique consommés, je me suis fait piquer de partout. La nuit, on a heureusement droit à un lit avec moustiquaire. Encore heureux, il paraît que les tarentules aiment bien se réfugier dans les cabanes qui nous servent de logement. Le groupe qui nous précède en a trouvé trois dans leur chambres. Personnellement, je n’ai pas eu la chance d’en observer une. Tout ce qu’on a trouvé, c’est une araignée grosse comme la paume de ma main filant entre les lits juste au moment d’aller dormir. Comme il n’y a pas d’électricité, on a tenté de la débusquer à la lumière des lampes torche, sans résultat. J’ai trouvé un peu lamentable d’aller chercher le guide pour ça, mais mes compagnons de voyage insistaient. Ce dernier l’a finalement trouvée et a mis fin à son existence. D’après lui, elle n’était pas dangereuse, mais sa morsure fait un mal de chien pendant 24h.
Comme on ne voit pas à 10m à cause de la végétation, je n’ai pas des masses de photos d’animaux à montrer. En général, on se contente de les écouter, comme les hardes de cochons sauvages qui passent à proximité du camp et dévorent tout sur leur passage. La première fois, c’est vraiment à se demander ce qui peut bien faire un bruit pareil: des grognements, le craquement sec des fruits brisés entre leurs mâchoires ainsi que les claquements de dents répétés qui servent à alerter leurs congénères d’une menace potentielle (càd nous, quand on s’en approche de trop près).

Les parois à la base de cet arbre sont idéales pour construire un refuge pour la nuit:

Un arbre parasite, qui étouffe lentement l’arbre qui lui sert de support:

… jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien:

En revenant à Rurrenabaque, j’ai remarqué ce qui ressemblait à une petite tache de boue séchée au niveau du torse. Comme elle n’avait pas l’air de vouloir partir au savon, j’ai tenté de l’enlever par la force. C’est à ce moment que de petites pattes sont apparues en dessous de ladite tache: il s’agissait en fait d’une petite araignée au dos aplati qui s’était accrochée à moi. Son but était, je suppose, de me sucer le sang, pondre des oeufs, me bouffer à petit feu ou une combinaison des trois. Quoi qu’il en soit, ce n’était sûrement pas par affection: au bac l’araignée. Chalked up another kill for the good guys.