Le Quilotoa et le Cotopaxi

October 18th, 2009

Après Baños, je remonte vers le nord en direction de Latacunga, le point de départ idéal pour quelques randonnées intéressante, comme le Quilotoa ou le l’ascension du Cotopaxi. Le premier est un magnifique lac situé dans un cratère à un peu moins de 4000m d’altitude. En faire le tour est une bonne préparation pour le Cotopaxi qui culmine, lui, à 5897m. En voici quelques photos - et oui, je ne sais pas d’où il vient, mais par endroits il y a du sable sur le parcours:


L’ascension du Cotopaxi se fait en deux jours. durant le premier, on monte jusqu’au refuge à 4800m. Ensuite, on se lève vers minuit pour tenter d’atteindre le sommet avant 8h du matin, après quoi les conditions deviennent trop dangereuses. Le sommet étant à 5897m, ça fait pas mal de dénivelée en deux jours. Je me demande si le tour du Quilotoa était une préparation suffisante - le problème, c’est que je vois mal ce que je pourrais faire de plus. Quand je pense à ce que ça donnerait en Europe, ça me fait toujours bien rire: “Bon les gars, aujourd’hui on dort au sommet du Mont Blanc, puis on se réveille à minuit pour monter 1000m de plus, ça vous va?”

D’après le guide, en moyenne 40% de ceux qui tentent d’atteindre le sommet doivent renoncer. Comme il y a en général deux personnes par guide (plus c’est interdit, moins ça revient nettement plus cher) et qu’il est interdit de monter sans guide, si une des deux personnes abandonne, l’autre doit également rebrousser chemin. Personnellement, je me retrouve avec Joris, un compatriote (par le plus pur des hasards). Quand il m’explique qu’il fume environ 30 cigarettes par jour et qu’il coupe le filtre des cigarettes équatoriennes parce qu’elles ne sont pas assez fortes à son goût, je me dis qu’on est très mal partis.

La veille du départ au refuge, je m’entretiens avec deux filles très enthousiastes qui se voient déjà danser la macarena au sommet du Cotopaxi. Elles prévoient de donner tout ce qu’elle ont, quitte à arriver complètement crevées au sommet. Je leur explique ça ne me semble pas être la meilleure des idées, vu qu’il faut garder de l’énergie pour le retour. Après leur avoir raconter quelques unes de mes mésaventures en guise d’exemple, c’est la mort dans l’âme qu’elles vont se coucher. Je ne l’apprendrai que plus tard, mais elles n’atteindront effectivement pas le sommet. Joris, quant à lui, est blanc comme un linge. J’ai vraiment l’art d’encourager les troupes moi.

C’est donc vers 18h qu’on va se coucher pour tenter de dormir quelques heures. D’une part, ce n’est pas vraiment l’heure à laquelle j’ai l’habitude d’aller dormir et d’autre part l’altitude m’empêche de fermer l’oeil. De plus, le vent souffle assez fort pour faire trembler les murs du refuge. Bref, je passe une nuit blanche. D’après le guide, c’est normal: ceux qui arrivent à dormir ne fusse qu’une heure ont de la chance.

Nous quittons donc le refuge (avec un peu de retard) vers 1h15 du matin. On a de la chance, le ciel est bien dégagé. On commence par monter pendant une heure environ jusqu’à la limite des neiges éternelles. A cet endroit, l’ascension devient plus dangereuse: on enfile les crampons et on s’encorde avant de continuer. Le décor et l’ambiance sont assez uniques: on avance de nuit, sur de la glace, devinant à peine les crevasses à la lumière de nos lampes frontales (crevasses que le guide prend bien soin d’éviter). A certains endroits, le vent souffle extrêmement fort - à d’autres, c’est le calme absolu. Au loin dans la vallée, on peut voir les lumières de Quito et Latacunga.

Comme je le craignais, Joris a de plus en plus de mal au fur et à mesure qu’on avance. Pourtant, ça ne nous empêche pas de dépasser tout le monde et finalement arriver les premiers au sommet peu après le lever du soleil (Joris à moitié mort - bel effort). La vue du sommet est superbe.


Baños

October 15th, 2009

Baños est à la limite entre les andes et la forêt vierge. Même s’il n’y fait pas particulièrement chaud, elle est située dans une vallée entourée de montagnes recouvertes de végétation luxuriante et il y pleut assez souvent. Son nom (”bains”) provient des sources thermales qu’on y trouve. J’avoue que se baigner dans ce cadre particulier, sous la pluie et dans une source d’eau chaude avec une cascade à quelques mètres, ça le fait.

Vu qu’il y pleut assez souvent, surtout en cette période de l’année, je ne m’y suis pas trop attardé. J’ai quand même fait le parcours Baños-Puyo à vélo. Sur 65km, on peut y voir le paysage graduellement se changer en forêt vierge. Le temps était également très variable ce jour-là, de la pluie torrentielle au soleil et à la chaleur suffocante en passant par l’épaisse brume. Avec mon vélo sans garde-boue ni éclairage à dynamo, ce n’était pas toujours l’idéal, mais je suis quand même arrivé à bon port. En chemin, il est possible de visiter l’impressionnante chute d’eau du Pailon del Diablo.


Quito

October 14th, 2009

Quito, la capitale de l’Équateur. Au sud, on trouve le centre historique qui n’a rien à envier à celui de Cuenca. L’idéal est de le visiter un dimanche, quand il n’y a pratiquement personne. Plus au nord se trouve la nouvelle ville, le centre névralgique de Quito, beaucoup plus moderne et donc moins intéressant à visiter.


Après la Fin del Mundo à Ushuaïa, voici à quelques kilomètres au nord de Quito la Mitad del Mundo, un site censé être localisé précisément sur la ligne de l’Équateur. On y retrouve plusieurs petits musées, certains ayant un rapport avec cette localisation particulière, d’autres pas du tout. Personnellement je ne comprends pas trop l’intérêt, à part une ligne tracée au sol, il n’y a pas grand chose à voir. De plus, elle n’est même pas située au bon endroit: l’équateur réel se situe quelques centaines de mètres plus au nord, où se trouve un autre musée, moins connu. On peut notamment y faire quelques expériences, par exemple vérifier l’effet de la force de Coriolis sur l’écoulement de l’eau dans une bassine qui se vide. L’accélération de Coriolis n’est pas censée être assez élevée pour provoquer ce genre de phénomène sur une si petite étendue d’eau. Pourtant, il suffit apparemment d’être à deux mètres au sud ou au nord de l’équateur pour respectivement observer un écoulement en sens horlogique ou anti-horlogique. Dans les deux cas, il s’agissait bien de la même bassine. Et quand elle est située exactement sur la ligne de l’équateur, il n’y a effectivement pas de rotation. Ça me semble d’autant plus bizarre que l’accélération est proportionnelle au sinus de la latitude, donc encore plus négligeable à quelques mètres de l’équateur. Je suspecte donc fortement l’expérience d’être truquée; le guide aurait pu faire exprès de verser l’eau dans la bassine de façon à provoquer un mouvement de rotation initial. J’aurais dû demander moi-même à verser l’eau - j’ai presque envie d’y retourner rien que pour ça.

D’autres “expériences” consistent à mettre un oeuf en équilibre sur un clou - avec remise de certificat pour celui qui y arrive - ou à démontrer une soit-disant augmentation de la force physique des personnes situées sur l’équateur. Assez amusant, mais ne contribue pas à renforcer la crédibilité de la première expérience. N’empêche, j’ai eu mon certificat, moi.